Pour aller plus loin
Le temps qu'il fait dans les livres est aussi un objet
d'étude. Quelques lectures pour qui veut prolonger, choisies par
l'anthologiste.
Karin Becker (dir.), La pluie et le beau temps
dans la littérature française. Discours scientifiques et transformations
littéraires, du Moyen Âge à l'époque moderne, Hermann, 2012.
Vingt études sur ce que les écrivains ont fait du savoir météorologique,
du Roman de la Rose aux Lumières. Le volume savant le plus proche de ce
que tente Grain. (Recension en ligne.)
Anouchka Vasak, Météorologies. Discours sur le
ciel et le climat, des Lumières au romantisme, Honoré Champion,
2007.
Comment le ciel a changé de sens entre 1770 et 1830, quand la science des
nuages et la sensibilité romantique se sont levées ensemble.
Alain Corbin (dir.), La pluie, le soleil et le
vent. Une histoire de la sensibilité au temps qu'il fait, Aubier,
2013.
Des historiens racontent comment on a appris à sentir la pluie, à aimer
le soleil, à écouter le vent. Le temps qu'il fait comme fait de
culture.
Martin de La Soudière, Au bonheur des saisons.
Voyage au pays de la météo, Grasset, 1999.
Un ethnologue chez les gens qui parlent du temps : dictons, almanachs,
conversations. La météo comme lien social, ce qu'elle est aussi dans
Grain.
Gaston Bachelard, L'Air et les Songes. Essai
sur l'imagination du mouvement, José Corti, 1943.
Le vent, les nuages et le ciel comme matières de rêverie. Le grand-père
philosophique de toute anthologie du ciel.
Emmanuel Le Roy Ladurie, Histoire du climat
depuis l'an mil, Flammarion, 1967.
Le livre fondateur de l'histoire du climat : vendanges, glaciers et
archives. Pour se rappeler que derrière chaque extrait du corpus, il y a
eu un vrai ciel.
John Ruskin, The Storm-Cloud of the Nineteenth
Century, 1884.
Deux conférences furieuses sur le ciel assombri du siècle industriel. Un
contemporain de nos auteurs qui regardait les nuages changer. Dans le
domaine public.
Alexandra Harris, Weatherland. Writers and
Artists under English Skies, Thames & Hudson, 2015.
Le ciel anglais à travers ses écrivains et ses peintres, de Beowulf à nos
jours. Le cousin britannique du projet.
Eve Kosofsky Sedgwick, The Weather in Proust,
Duke University Press, 2011.
Le temps qu'il fait chez Proust comme clef de lecture. Pour mesurer ce
qu'un seul auteur peut contenir de ciels.
Jan Golinski, British Weather and the Climate
of Enlightenment, University of Chicago Press, 2007.
Comment le siècle des Lumières a inventé la météo moderne, journaux de
bord et baromètres. L'arrière-plan savant de nos extraits du
XVIIIe.
Lucian Boia, L'Homme face au climat.
L'imaginaire de la pluie et du beau temps, Les Belles Lettres,
2004.
Une histoire des peurs et des espérances que les hommes ont projetées sur
le ciel, du déluge au réchauffement.
Ce rayon grandit comme le corpus : lentement, à
la main.