GRAIN

La météo dite par la littérature

Le ciel se consulte...

Grain

« Mais qui donc a envie qu’on lui prédise le temps ? Il est déjà bien assez pénible lorsqu’il arrive, sans qu’il faille encore souffrir à l’avance en le sachant. »

Jerome K. Jerome, Trois hommes dans un bateau (1889)

La météo est le sujet le plus banal qui soit. On s’en sert pour ne rien dire, pour combler, pour aborder un inconnu. C’est aussi, depuis toujours, l’un des grands sujets de la littérature : il n’existe presque pas de livre où il ne fasse un temps.

Grain relie les deux. Il regarde le ciel qu’il fait au-dessus de vous, et va chercher dans les livres quelqu’un qui l’a déjà écrit. Un jour de pluie fine ramène une phrase de pluie fine. Un ciel de traîne, un ciel de traîne.

Les extraits sont choisis un par un, dans des œuvres tombées dans le domaine public. Ils ne sont pas illustratifs : ils décrivent le temps qu’il fait, et rien d’autre. C’est un corpus, pas une base de citations.

Grain ne conserve rien. Le nom de la ville que vous cherchez est envoyé à Open-Meteo, service européen de prévisions, uniquement pour obtenir la météo. Aucun compte, aucune publicité, aucune notification, aucun historique.

Météo et géocodageOpen-Meteo (open-meteo.com)
Corpus
AnthologiePatrick Di Maria
ÉditeurIMAGE4D SAS, Alleins
image4d.fr
Version webaddons.image4d.fr/grain

L'anthologie

Pour aller plus loin

Le temps qu'il fait dans les livres est aussi un objet d'étude. Quelques lectures pour qui veut prolonger, choisies par l'anthologiste.

Karin Becker (dir.), La pluie et le beau temps dans la littérature française. Discours scientifiques et transformations littéraires, du Moyen Âge à l'époque moderne, Hermann, 2012.
Vingt études sur ce que les écrivains ont fait du savoir météorologique, du Roman de la Rose aux Lumières. Le volume savant le plus proche de ce que tente Grain. (Recension en ligne.)

Anouchka Vasak, Météorologies. Discours sur le ciel et le climat, des Lumières au romantisme, Honoré Champion, 2007.
Comment le ciel a changé de sens entre 1770 et 1830, quand la science des nuages et la sensibilité romantique se sont levées ensemble.

Alain Corbin (dir.), La pluie, le soleil et le vent. Une histoire de la sensibilité au temps qu'il fait, Aubier, 2013.
Des historiens racontent comment on a appris à sentir la pluie, à aimer le soleil, à écouter le vent. Le temps qu'il fait comme fait de culture.

Martin de La Soudière, Au bonheur des saisons. Voyage au pays de la météo, Grasset, 1999.
Un ethnologue chez les gens qui parlent du temps : dictons, almanachs, conversations. La météo comme lien social, ce qu'elle est aussi dans Grain.

Gaston Bachelard, L'Air et les Songes. Essai sur l'imagination du mouvement, José Corti, 1943.
Le vent, les nuages et le ciel comme matières de rêverie. Le grand-père philosophique de toute anthologie du ciel.

Emmanuel Le Roy Ladurie, Histoire du climat depuis l'an mil, Flammarion, 1967.
Le livre fondateur de l'histoire du climat : vendanges, glaciers et archives. Pour se rappeler que derrière chaque extrait du corpus, il y a eu un vrai ciel.

John Ruskin, The Storm-Cloud of the Nineteenth Century, 1884.
Deux conférences furieuses sur le ciel assombri du siècle industriel. Un contemporain de nos auteurs qui regardait les nuages changer. Dans le domaine public.

Alexandra Harris, Weatherland. Writers and Artists under English Skies, Thames & Hudson, 2015.
Le ciel anglais à travers ses écrivains et ses peintres, de Beowulf à nos jours. Le cousin britannique du projet.

Eve Kosofsky Sedgwick, The Weather in Proust, Duke University Press, 2011.
Le temps qu'il fait chez Proust comme clef de lecture. Pour mesurer ce qu'un seul auteur peut contenir de ciels.

Jan Golinski, British Weather and the Climate of Enlightenment, University of Chicago Press, 2007.
Comment le siècle des Lumières a inventé la météo moderne, journaux de bord et baromètres. L'arrière-plan savant de nos extraits du XVIIIe.

Lucian Boia, L'Homme face au climat. L'imaginaire de la pluie et du beau temps, Les Belles Lettres, 2004.
Une histoire des peurs et des espérances que les hommes ont projetées sur le ciel, du déluge au réchauffement.

Ce rayon grandit comme le corpus : lentement, à la main.